Black lives matter

Vous n’avez pas pu louper l’actualité récente, ni les phénomènes #blackouttuesday & #blacklivesmatter qui ont fleuri sur les réseaux, principalement le 2 juin 2020.

Sur ce site web je parle un peu de tout ; et notamment de faits sociaux. Parce que je ne comprends pas la violence du monde, et que je pense que prendre la parole est le meilleur moyen de faire cesser tout ça. Alors, je ne sais pas encore quelle tournure va prendre cet article, mais je vous emmène avec moi.

(Cet article peut être difficile à lire pour ceux qu’il concerne. Si c’est le cas, passez votre chemin. Vous connaissez déjà les tenants et les aboutissants, et le but n’est absolument pas de vous rendre encore plus tristes et offensés que vous ne l’êtes déjà. Take care.)

Je suis une femme, blanche, de bientôt 21 ans –à l’époque à laquelle j’ai rédigé cet article-. Je suis née en France, dans une famille de la classe moyenne. Je suis hétérosexuelle & en école de commerce. En fait, je fais partie des privilégiés. Au regard de la société actuelle, mon seul obstacle est de faire partie d’une minorité : être une femme –une minorité qui regroupe la moitié des humains de cette planète, plutôt paradoxal non ?-. En tant que privilégiée, j’ai donc très probablement commis beaucoup d’erreurs, tenu des propos qui, sans que je pense à mal, ont pu être blessants, rabaissants, ou ont pu entretenir ce système raciste.

La seule différence sur laquelle il est juste d’appuyer est celle qui réside dans la culture. Parce que nous avons tous grandi dans une culture qui ne ressemble à nulle autre, et parce que notre société nous a forgé des normes, des valeurs. Il faut mettre le doigt sur cette différence, et sans la craindre, il faut apprendre à connaître les autres, leurs mœurs, sans juger, avec tout le respect qu’on doit à chacun. On n’est pas obligés d’être d’accord sur tout, mais il faut réussir à savoir quand on peut se permettre de donner son avis, et quand ce n’est pas notre rôle. La ligne est mince parfois, mais le tout n’est pas d’être parfait dans sa démarche : c’est d’être tolérant.

Internet est le royaume de l’anonymat. On parle avec des gens de toutes origines, morphologies, couleur de peau… Les gens échangent avec des personnes auxquelles ils n’auraient probablement même pas lâché un regard dans la rue. Et même si le web a des dents acérées, je pense qu’il permet aux minorités d’être enfin entendues. Parce qu’il est important de reconnaître que lorsque quelque chose ne nous touche pas personnellement ou ne nous menace pas, nous ne nous sentons pas vraiment concernés.

Sur le web, lorsque l’on entend les témoignages, lorsque l’on voit des vidéos plus choquantes les unes que les autres, on se rend compte de ce qu’est la réalité des autres. Qu’il n’y a rien qui justifie toute cette violence, les moqueries, l’exclusion. Et qu’elle est pourtant bien présente. Elle fait parfois partie du quotidien.

Les violences policières racistes l’ont bien prouvé. D’ailleurs, les races n’existent pas. L’Assemblée nationale souhaite même supprimer ce mot de la Constitution, parce qu’il n’a aucune légitimité scientifique. La notion de race est essentiellement culturelle, pourtant elle prétend être fondée sur la biologie –ce qui est totalement faux-. Il a été prouvé en 2003 que si l’on comparait l’ADN de n’importe quels hommes sur cette planète, ils seraient en moyenne semblables à 99,9%. Certains considèrent tout de même qu’il faut garder ce terme, tout en insistant sur le fait qu’il ne soit pas scientifique, afin de combattre les discriminations. Le fait d’utiliser ce mot permettrait de visualiser les inégalités entre différents groupes au sein d’une même société.

Quelques chiffres qui glacent le sang, pour bien visualiser l’omniprésence du racisme et plus largement des discriminations aujourd’hui :

Il y a 10 000 plateformes ouvertement racistes, antisémites et islamophobes existant sur le web.

3 actifs sur 10 sont victimes de racisme au travail.

7 521 affaires racistes, antisémites ou islamophobes ont été portées devant la justice en 2016.

Vous avez sûrement vu des carrés noirs remplir votre feed Instagram en 2020. Il s’agissait du « Black Out Tuesday« , un geste de soutien aux personnes noires, après qu’un policier blanc aux États-Unis ait de nouveau tué un homme noir. Cette initiative est venue du milieu de la musique : en effet, le 1er juin, deux femmes travaillant chez le label Atlantic Record ont créé le compte Instagram @theshowmustbepaused, sur lequel elles ont rendu hommage aux victimes de ces violences policières et racistes.

Black Lives Matter est un mouvement afro-américain né en 2013 sur Twitter avec le hashtag #BlackLivesMatter après le meurtre de l’adolescent Trayvon Martin. Il a été initié par Alicia Garza, Patrisse Cullors et Opal Tometi –les 3 femmes que vous pouvez voir ci-dessus-. Ce mouvement se mobilise pour lutter contre le racisme et les violences systémiques subies par les noirs. Il a été ravivé en 2020 par le meurtre de George Floyd, dont vous avez très certainement entendu parler. Vous savez que les violences policières perdurent aux États-Unis, principalement à l’égard des personnes noires, et surtout des hommes. Ces violences ne sont jamais justifiées. La peine de mort a été abolie dans la plupart des pays du monde, et même si elle existait encore, ce serait à la Justice de décider. La Police n’a pas le droit de vie ou de mort sur les civils, et encore moins sous couvert de racisme.

Quelques films & séries au sujet du racisme anti-noirs, qui exploitent cette question sous de multiples facettes :

Ce documentaire d’Amandine Gay met en avant des femmes noires, auxquelles on ne donne que très rarement la parole dans l’espace public. Au fil des 24 témoignages, on apprend à connaître des femmes uniques, aux parcours multiples et variés.

Je vous laisse quelques articles ci-dessous si vous souhaitez en savoir plus, et n’hésitez pas à m’envoyer des sources que vous trouvez intéressantes !

Le concept de « race » peut-il s’appliquer à l’espèce humaine ?

Statistiques à propos du racisme et des discriminations

Une augmentation des faits racistes et xénophobes en 2019

États-Unis : les Noirs sont les plus susceptibles d’être tués par la police, selon une étude (sans blague ?)

Et pour finir, le plus important, allez signer des pétitions pour faire avancer les choses, ou allez manifester si vous le pouvez / souhaitez. Vous trouverez de nombreuses pétitions sur Change.org notamment, par exemple celle dédiée à George Floyd.

La pétition « Justice pour George Floyd »

La pétition afin d’aider la famille d’Adama Traoré

La pétition contre la loi visant à interdire la diffusion des images de violences policières

Ways to help – Black Lives Matter

Pétitions – Black Lives Matter

Et si vous avez besoin d’un peu de self love en ces temps difficiles, je vous invite à regarder cette vidéo.

En espérant que les choses avanceront. Ce sujet me bouleverse particulièrement, et je souhaite qu’il en soit de même pour chacun d’entre nous. Prenez soin de vous.

Douces effrontées

P.S.: si vous voulez soutenir Black Lives Matter sur les réseaux, n’utilisez pas le hashtag #blacklivesmatter, qui permet plutôt de diffuser des informations importantes. + le #AlllivesMatter peut sembler partir d’une bonne intention, mais il n’en est rien : il s’agit d’une réponse des suprémacistes blancs au hashtag #blacklivesmatter, donc surtout ne l’utilisez pas !

P.P.S. : il est difficile de choisir les bons mots et de se sentir légitime à aborder ces sujets lorsque l’on n’est pas concerné. J’espère l’avoir fait au mieux.

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